
L’ordre des Récollets - un ordre mineur franciscain - s’est établi en 1603 au faubourg Saint-Laurent, hors l’enceinte de Paris, avec l’appui d’Henri IV et de Marie de Médicis, qui se déclare fondatrice du couvent. Une première chapelle est bâtie, tôt remplacée par une seconde, dès 1614. Le couvent, dont la première pierre est posée en 1619, prospère jusqu’à réunir plus de 200 moines au début du XVIIIe siècle. Ils ne sont plus qu’une trentaine en 1789. À la Révolution, le couvent est pillé, réquisitionné pour y loger une caserne de grenadiers de la garde nationale, avant que s’y installe un atelier de filature et qu’en 1794 il soit transformé en hospice. Il devient hospice des incurables hommes en 1802. Les bâtiments sont remaniés : c’est en particulier pendant cette période que la chapelle est réduite, et dotée d’une nouvelle façade néoclassique. En 1860, par décret, l’hospice passe de l’Assistance publique au ministère de la Guerre et devient hôpital militaire Saint-Martin. Des travaux sont engagés, un niveau est ajouté, et la façade est unifiée. En 1913, il prend le nom de Villemin, célèbre médecin militaire. En 1926, la construction de l’avenue de Verdun et l’élargissement de la rue du faubourg Saint-Martin, amènent à détruire une partie du cloître, cependant que des terrains sont cédés à la Compagnie des Chemins de Fer, qui agrandissent la gare de l’Est, en 1931. Devenu vétuste, l’hôpital ferme ses portes en 1968 et est évacué en 1971. En 1973, deux ailes sont détruites. Les anciens jardins sont affectés à la réalisation du centre hospitalier et universitaire Saint Louis – Lariboisière, et à la création d’un jardin public de la Ville de Paris – le square Villemin. Les restes de l’ancien couvent sont affectés à une école d’architecture, Paris – Villemin. Elle y restera près d’une vingtaine d’années. Entre 1991 et 1992, le bâtiment est squatté par un collectif d’artistes, "Les anges des Récollets", jusqu’à ce qu’un incendie oblige à la fermeture des lieux, dont l’avenir paraît incertain. En 1999, l’État, propriétaire des locaux, confie les bâtiments, classés, à la Régie immobilière de la Ville de Paris, qui les restaure pour y accueillir ses occupants d’aujourd’hui.
Le Couvent des Récollets a été rénové en 2003 par l’architecte Frédéric Vincendon (et l’agence Reichen & Robert) : confortation du bâtiment avant travaux, travaux sur les structures, aménagements intérieurs, et dessin du mobilier du Centre international d’accueil et d’échanges des Récollets. L’aménagement intérieur des locaux de l’Ordre des architectes d’Île-de- France a été confié à une équipe de jeunes architectes, Karine Chartier et Thomas Corbasson. Leur projet concilie, avec intelligence et finesse, économie et respect de toutes les traces de la longue histoire des Récollets. Les murs en gardent les marques, tandis que les volumes sont rendus à leur noblesse. Traités comme des meubles, les équipements d’aujourd’hui renvoient discrètement à la mémoire des lieux.
La Maison de l’architecture est installée au Couvent des Récollets, au cœur du 10ème arrondissement de Paris. Ce lieu prestigieux abrite aujourd’hui plusieurs entités qui, ensemble, lui donnent un nouveau visage et de nouvelles activités :